En résumé : Nous sommes arrivés à Puerto Montt, porte d’entrée de la Carretera Austral, après des journées rythmées par la pluie et en compagnie du volcan Osorno qui domine la région du haut de ses 2652 mètres d’altitude. Les enfants ont super bien pédalé et ont fait preuve de beaucoup de courage avec le mauvais temps.
Dans les détails : Après 5 nuits passées dans notre maison aux bords du lac de Lago Ranco, nous reprenons la route. Cette maison fut une aubaine ; il a plu sans discontinuer pendant 48 heures, et les autres jours étaient mitigés, alternant ciel gris ou forte pluie. Il a tellement plu que, lorsque nous sommes retournés à la rivière pour pêcher, la plage avait été engloutie par la rivière. Nous avons rebroussé chemin sans l’espoir de pouvoir regoûter à une truite de sitôt. Sur la route, le bruit des cascades nous surprend. Elles n’étaient pas là lorsque nous sommes arrivés ; maintenant elles surgissent de la montagne par dizaines. Elles lèchent les parois abruptes avant de se fracasser sur des rochers des dizaines de mètres plus bas. Les paysages ont totalement changés alors que nous pédalons en direction de la ville « Lago Ranco ».
Sur la route, nous essuyons quelques fortes averses et c’est finalement bien trempés que nous arrivons chez Sandra. Là encore nous profitons de Home exchange et Sandra nous accueille dans une roulotte de 25 m2. Elle s’excuse de la petitesse des lieux ; nous la remercions car en réalité, c’est bien plus grand que ce dont nous avons besoin. Sandra a la double nationalité (chilienne et française). En plus de nous ouvrir les portes de la roulotte, elle nous ouvre celles de sa maison. Nous faisons alors connaissance avec Enrique, son mari. Nous nous réchauffons autour d’un Pisco Sour (spécialité chilienne et péruvienne) et sympathisons très vite avec ce couple attachant. Le lendemain ils nous font faire un petit tour jusqu’à la naissance du rio bueno, le fleuve qui prend sa source dans le lago Rango. Enrique nous explique qu’il s’agit d’un lac de glacier. Des moraines ont été déposées tout autour il y a quelques milliers d’années, formant un barrage naturel. L’eau a trouvé une faille, s’est infiltrée, a creusé, petit à petit et s’en est ainsi allée jusqu’au Pacifique, créant un fleuve, le Rio Bueno.
Nous aurions dû partir le lendemain, mais cette fois-ci ça n’est pas la météo qui nous retient une nuit de plus, mais l’invitation de nos hôtes à un asado le lendemain. L’asado fait partie des invitations qu’il est difficile de refuser. Malgré le beau ciel bleu de ce dimanche, nous restons donc sur place et profitons une fois de plus de la gentillesse des Chiliens. Nous faisons ainsi connaissance avec Carla et Hector, les voisins de Sandra et Enrique et passons l’après-midi à boire du Pisco, manger légumes et viandes et discuter voyages et autres choses. Dehors, le temps varie entre soleil éclatant et fortes averses.






C’est avec beaucoup d’émotion que nous quittons nos hôtes. Sandra et Enrique ont été aux petits soins pour nous et les moments passés dans leur caravane et leur maison ont été très reposants et chaleureux. Nous les quittons avec un pincement au coeur, en se disant que, malgré tout, il est possible qu’on se revoit un jour comme ils viennent régulièrement en France.
Nous reprenons nos vélos et poursuivons notre route toujours plus au sud. A Crucero, nous choisissons la route secondaire, certainement un peu plus vallonée mais plus tranquille. Peu empruntée, elle nous permet de découvrir des communautés Mapuche. L’architecture des habitations est très rudimentaire ; la pauvreté se lit dans les hameaux traversés. Ce ne sont pas vraiment des maisons ; plutôt des cabanes faites de bric et de broc. Cette région est peuplée d’environ 50% de Mapuche. Nous n’en avons pourtant pas rencontré et nous n’avons pas trop d’idée sur leur situation actuelle. Elle semble cependant assez tendue à ce qu’on a pu comprendre. Dans tous les cas la pauvreté semble les affecter beaucoup plus que les autres chiliens.
Lorsque nous retrouvons la route principale, nous nous arrêtons près d’une école. Le ciel est encore menaçant et nous demandons si nous pouvons y passer la nuit. Le directeur n’y voit pas d’inconvénient ; il nous demande juste d’attendre la fin des cours avant de planter la tente. Une fois que tout les enfants sont partis, nous plantons notre tente sous le préau.





Réveil à 7h, pour que tout soit plié à 8h00 à l’arrivée des premiers élèves. Ca doit être la première fois que Louna et Siméon sont réveillés à cause de l’école ! Et à en croire leur tête, le rythme scolaire ne semble pas leur convenir !
Aujourd’hui, nous rentrons en Patagonie. C’est en tous les cas ce que l’on peut voir sur les panneaux de signalisation. Mais selon Enrique, géographe de son état, la limite de la Patagonie est tout aussi politique, économique que géographique. C’est bien de la limite nord dont on parle ; la sud, elle, est déterminée par le cap Horn et ne peut s’étendre plus loin. La Patagonie est en soi une « marque » ; le Chili est en partie connu grâce à cette région. Alors il a intérêt à ce qu’elle soit la plus grande possible, pour que les touristes viennent le plus au nord possible. Selon les différentes cartes que l’ont peut trouver sur internet, la limite nord est soit Puerto Montt, soit le Lago Ranco, soit le rio Tolten soit même le rio Bio Bio. Bref, aujourd’hui, nous voyons pour la première fois le mot « Patagonie » inscrit sur un panneau, et cela donne une saveur particulière à cette journée. C’est aussi la première fois où nous ne trouvons pas de petites « tiendas » sur le bord de la route et nous pédalons le ventre vide pendant de nombreux kilomètres.
Les deniers kilomètres sont marqués par une longue ligne droite traversant des plantations d’Eucalyptus.
A la sortie de cette plantation, nous découvrons avec joie le volcan Osorno. Il émerge de la plaine avec beaucoup de prestance, dominant le Puntiagudo au nord et le Calbuco au sud
Arrivée chez Liarrosa de warmshower. Nous passons une nouvelle fois la nuit au sec sous un abri en tôle alors que dehors, il pleut encore des trombes d’eau.












La météo nous avait annoncé une journée grise mais sèche. Cela n’a duré qu’une heure. Le reste de la journée se passe sous la pluie. C’est trempés que nous arrivons à Ensanada. Frigorifiés, le moral dans les chaussettes mouillées, nous nous réfugions finalement dans un Airbnb et apprécions la douche chaude. Dehors, le soleil fait son apparition et dévoile un peu le volcan Osorno. Nous sommes à ses pieds mais ne l’avons pas vu de la journée.






Le lendemain matin, l’Osorno est bien là, majestueux. Nous nous régalons de le voir et profitons pleinement de ce moment magique après la terrible journée d’hier. Bien revigorés par la chaleur du gîte, nous nous élançons sur les routes avec comme objectif de faire deux étapes en une. Ce choix est une fois de plus motivé par la pluie, annoncée dès ce soir et pour plusieurs jours. Une maison nous attend à Puerto Montt, nous y allons derechef. Les 72 kilomètres se font au sec, en grande partie le long du lac Lanquihue (le deuxième plus grand lac du Chili) sous le regard de l’Osorno, puis du Calbuco. Ce volcan a moins bonne mine que l’Osorno mais est un des plus dangereux du Chili. Il et d’ailleurs rentré en éruption en 2015 lors qu’il était endormi depuis plus de 40 ans et qu’aucun signe ne prévoyait une telle activité. On peut voir un peu partout dans la ville des point de regroupement en cas d’urgence.
Nous avons voulu échapper à Puerto Varas par les petites routes mais cela nous a conduit à un cul de sac (un lotissement fermé à double tour). Nous devons donc affronter la circulation de cette ville, puis de celle de Puerto Montt. Avec 200.000 habitants, elle est la ville la plus peuplée de Patagonie. La traverser n’est pas une partie de plaisir mais on se conforte en se disant que la prochaine fois que nous avons à affronter une telle circulation, ça sera à Salta, en mars prochain.
Sergio nous accueillie dans sa maison qu’il nous laisse pour quelques jours (Merci Home exchange!), le temps que la pluie ne cesse (mais cessera-t-elle vraiment ?).













Nous avons pédalé 550 km pour arriver à Puerto Montt, avec un peu plus de 4000 mètres de dénivelé. Ces trois premières semaines ont été un entraînement indispensable avant de commencer une des routes les plus exigente du Chili : la carretera austral. Cette route, initiée par le dictateur Pinochet en 1976 et terminée en 2000, s’étale sur 1240 kilomètres entre Puerto Montt et Villa O’Higgins. L’asphalte y a fait son apparition en 2006 et aujourd’hui, a priori, une grande partie est goudronnée (nous allons voir ça de plus près). Cette route dessert les régions les plus reculées du Chili, serpente entre les montagnes, les fjords et les glaciers et compte plus de 12.000 mètres de dénivelé. Pour nous, à raison de 400 mètres de dénivelé par jour, cela représente 30 jours de vélo. Sans compter les jours de repos pour sécher ou pêcher, nous comptons y passer deux mois. Cela veut dire qu’il va probablement nous falloir faire une excursion en Argentine pour renouveler notre visa Chilien qui n’est que de trois mois. Côté météo, voilà ce qui nous attend pour la suite. Selon la journée, notre bulletin météo nous dit ceci :
– Vendredi, samedi et dimanche : attention, fortes rafales.
– Lundi : l’atmosphère perturbée deviendra plus instable en cours de journée
– Mardi : le ciel restera très chargé
– Mercredi : l’atmosphère sera instable.
– Jeudi , vendredi samedi : attention aux visibilités réduites en début de journée.
– dimanche : l’état du ciel restera changeant.
Autant dire que le soleil n’a pas l’air de trop vouloir nous déranger… Cela dit, pour la première fois du voyage, nous aurons plus chaud au Chili que chez nous en France. Alors qu’ils annoncent 12 °C à Nadaillat jeudi, il fera 15°C ici 🙂
Le prochain vrai arrêt devrait se faire à Coyhaique, dans trois à quatre semaines (700 km). Soyez donc patients avant les prochaines news.
A bientôt
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Quel plaisir que de lire vos aventures, et quelle belle expériences pour vos deux enfants. Que le beau temps vous accompagne.
Vivement la suite dans 700kms.
Bon continuation.
Merci de nous partager ce beau voyage. C’est une fort belle aventure que vous vivez . Profitez bien . Belles découvertes et bon pédalage. Des bises. Yannick
Merci pour ce récit détaillé et les superbes photos….j’ai eu l’impression d’y être! Je suis toujours aussi impressionnée de ce que vous faites tous les quatre!
Au plaisir de vous lire encore et de vous voir en photos
Gros bisous et surtout bon courage pour les dénivelés qui vous attendent.
Nath
Hola, hola, nous avons eu grand plaisir à rencontrer et à accueillir cette famille qui a fait le choix d’apprendre au contact de la diversité des gens, de leurs cultures, des paysages, des visions du monde, des drames et des rêves — bref, de la vie dans toute sa profondeur. Julian, Marion et leurs enfants ont fait preuve d’une grande sympathie et d’une remarquable capacité d’organisation, le tout avec une simplicité admirable, sans oublier le courage nécessaire pour s’écarter du chemins pre définis… Nous leur souhaitons beaucoup de succès pour la suite de leur aventure, dans l’espoir de les revoir et d’entendre à nouveau Louna jouer du violon…
Sandra
Merci Sandra pour ce beau commentaire et pour l’accueil à Lago Ranco 🙂
Demain nous débuterons la carretera austral ; nous penserons certainement beaucoup à vous deux et à la chaleur de la roulotte !
A bientôt.
Que de chemin parcouru déjà depuis votre arrivée à Santiago ! C’est en tapant Puerto Montt sur Google qu’on se rend compte de la distance entre les deux villes, le visuel carto est encore plus parlant 😉
Bonne continuation / courage dans vos kms à venir sous une météo plus clémente (déjà moins pluvieuse) 💪 🥰
C’est tellement beau ce volcan !! Bon courage les copains !
Merci à vous 4 pour ce partage .Le volcan Osorno est somptueux! portez vous bien, bravo pour votre ténacité.J’attends avec plaisir la suite de vos aventures au milieu de ces sublimes paysages, et merci Louna pour ta jolie interprétation de Danza Hungara, qui accompagne particulièrement la vidéo et les paysages.Je m’en vais de ce pas chercher ce morceau dans Qobuz afin de le découvrir davantage.
TRÈS BONNE ROUTE.
Liliane
Décidément, ce baptême chilien est bien arrosé, avec insistance ! Merci pour ces nouvelles qui nous emportent loin, et ces paysages magnifiques. Que votre moral sèche plus vite que vos chaussettes.