En résumé : Siméon n’étant plus opérationnel pour pédaler suite à sa lourde chute, nous optons pour un voyage mixte bus/vélo/stop pour aller nous réfugier chez des cyclovoyageurs près de Rio Puerto Tranquillo. Nous y arrivons finalement après près d’une semaine de pérégrinations.
Dans les détails : Dimanche 18 octobre au matin : il faut se rendre à l’évidence ; le genou de Siméon est bien gonflé, douloureux et plus du tout mobile. Le baromètre de la culpabilité est aussitôt remonté au maximum pour Julien et moi. Que faire ? Rester ici quelques jours pour laisser le genou au repos ou nous rendre à Coyhaique où nous pourrions passer une radio ?
Nous avons finalement décidé de faire du stop mais les deux heures au bord de la route à compter les voitures sur les doigts d’une main nous ont replongés 15 ans en arrière quand nous faisions du stop à Mataranka, capitale du « Never never » en Australie. Julien et moi avions passé 24 heures à faire du stop avant que Sophie et Louis ne nous prennent dans leur van pour plus de 2500 kilomètres. A midi, un bus s’arrête finalement devant nous. Faute de place pour les quatre vélos, je pars avec les enfants, laissant Julien au bord de la route.
Deux heures plus tard, me voilà à la gare routière de Coyhaique à devoir remonter les vélos, recharger toutes les sacoches, chercher un hébergement, trouver l’hôpital, en ne sachant toujours pas si Julien est sur son vélo ou dans un pick-up.
Par chance, nous ne sommes qu’à deux kilomètres des urgences pédiatriques, sur une route plutôt descendante. Mais Siméon ne peut toujours pas pédaler. J’improvise alors une corde avec les bandoulières de nos sacoches. Siméon passe rapidement une radio qui révèle une fissure de la rotule. Compte tenu de notre projet, les médecins lui font passer un scanner, le tout en moins de deux heures ! Je suis épatée de la rapidité de la prise en charge. Mais nous avons dû attendre plus de 4 heures pour avoir l’avis d’un orthopédiste. Louna aura passé 7 heures assise dans le hall d’entrée à surveiller les vélos.
A 21 heures, Julien arrive pour mon plus grand soulagement, après avoir pédalé 140 Km . Je commençais sérieusement à m’inquiéter ! Enfin à 22 heures, l’orthopédiste arrive. Plutôt rassurante, elle nous apprend que la fissure vue sur la radio est bien plus ancienne et que le scanner ne montrait rien de trop grave. Seulement beaucoup d’inflammation due au choc.
La mauvaise nouvelle, c’est que Siméon doit porter une attelle pendant les deux prochaines semaines et ne doit pas faire de sport pendant un mois. Il devra ensuite passer une IRM. Même si tout rentre dans l’ordre, il ne pourra probablement plus pédaler sur les pistes exigeantes de la carretera…
C’est à plus de 23 heures que nous arrivons au camping, tous bien fatigués, à la fois rassurés sur l’état de ce petit genou mais aussi plein de doutes pour la suite du voyage… On refait l’histoire, on met Paris en bouteille avec nos « si », on revoit la scène en boucle. Très philosophe, notre Siméon nous dit : » Moi aussi je revois la scène dans ma tête mais sans la chute, comme si tout se passait bien ! » Alors on se dit plutôt « Si, mais on » va trouver une solution ! Pour l’heure nous sommes dans un camping à Coyhaique. En échange du ménage des sanitaires nous pouvons rester gratuitement quelques jours. Je draine ce petit genou, on le tartine d’arnica et on lui met des cataplasmes d’argile. Il nous faut digérer le fait que nous ne pédalerons sans doute plus sur la Carretera Austral, en tout cas pas tous les quatre…
Nous avons plusieurs possibilités de replis pour les prochaines semaines. Un couple nous propose de nous reposer chez eux près de Puerto tranquillo (à plus de 200 kilomètres d’ici). Nous pouvons y rester une semaine ou plus en échange de travaux. De même, une autre famille à Cochrane peut nous loger en home échange pendant une semaine, puis une autre semaine en camping chez eux en échange de travaux. Julien qui pensait ne plus avoir à bricoler pendant quelques temps, c’est loupé !










Nous quittons donc Coyhaique et décidons de faire du stop jusqu’à Puerto Tranquillo dans un premier temps. Julien tire Siméon sur 5 kilomètres pour arriver à une intersection à la sortie de la ville, là où toutes les voitures se rejoignent pour aller plus au sud. Nous devons à nouveau nous séparer et faisons deux équipes : Louna et Julien partent à vélo alors que je reste avec Siméon pour faire du stop. L’idée est de trouver dans un premier temps une voiture qui nous prenne tous les deux, avec l’espoir qu’ils aient de la place pour prendre Louna et Julien plus tard. Après 4 heures d’attente, je commence à me dire qu’il va me falloir retourner au camping lorsqu’une voiture s’arrête enfin. Le chauffeur nous dépose 40 kilomètres plus loin. Nous avons à peine le temps de descendre de la voiture qu’une autre s’arrête ; nous rechargeons nos deux vélos et poursuivons notre route. Quelques minutes plus tard nous arrivons à la hauteur de Julien et Louna qui font eux aussi du stop. Nous n’avons malheureusement pas de place pour eux et leur donnons rendez-vous a Cerro Castillo. Nous y arrivons finalement tous à peu près ensemble ; ils ont trouvé une voiture peu de temps après qu’on les ai doublés.
Après une nuit au camping où nous retrouvons Diane (une française qui voyage à vélo et que nous avions rencontré à la Junta), nous réformons nos deux équipes. Là encore l’attente est longue, Siméon passe le jour de ses neuf ans assis au bord de la route avec son attelle en écoutant sagement des histoires. Il y a mieux comme journée d’anniversaire ! Je commence à nouveau à désespérer, à envisager de repasser une nuit au camping pour prendre l’unique bus quotidien le lendemain… Nous embarquons finalement dans une camionnette après cinq heures d’attente. Nous retrouvons Louna et Julien après 50 km (ils ont sacrément bien roulés !). Cette fois-ci, il y a de la place pour tous les vélos et nous nous serrons à quatre sur une banquettes deux places.
La route est là-encore en chantier. Le ripio a refait son apparition peu après Cerro Castillo, et devrait nous accompagner jusqu’à Villa O’higgins, à la fin de la Carretera Austral. Les travaux se poursuivent donc. Ici, c’est un chantier un peu plus important que les autres. Avant Puerto Tranquillo, la route est fermée les après-midi pour que les ouvriers puissent dynamiter les rochers en toute tranquillité. Louna et Julien en profitent pour changer de véhicule pour éviter tout problème éventuel avec la police et lorsque nous redémarrons à 17h00, c’est dans un convoi de plusieurs voitures (toutes celles qui attendaient comme nous). La visibilité est réduite à peau de chagrin tant la poussière est énorme. La camionnette slalome entre les camions et les pelleteuses. Nous n’avons aucun regret à faire cette portion en stop !
Nous terminons ces deux jours de stop dans la camionnette de Pablo qui nous conduit chez lui à 25 kilomètres de Rio Tranquilo. Nous resterons chez Migle et lui une bonne semaine. Là encore nous travaillerons quelques heures en échange de leur hospitalité. Nous aidons à l’implantation d’un refuge pour cyclotouristes et à l’ouverture de son chemin d’accès dans la forêt. Les enfants peuvent profiter d’un lit, de deux kayaks et des soirées jeux de société avec nos hôtes. Le genou de Siméon semble aller de mieux en mieux ce qui nous laisse l’espoir de repartir d’ici à vélo… Il reste tout de même des douleurs résiduelles quand il pédale, mais aussi quand il doit faire des maths…
Les deux dernières photos, c’est là où nous sommes actuellement.






















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Que pena queridos amigos, pero son posibilidades en un viaje así.
Espero encuentren la mejor solución, nuestra casa puede ser una alternativa aunque están bastante lejos.
les mandamos un gran y fuerte abrazo,
Sandra y Enrique + Rayen
Merci Sandra pour la proposition. Nous allons poursuivre notre route vers le sud quand même. On vous embrasse !
Hola,
Gracias por tu mensaje. Ahora la rodilla de Simeon esta mucho mejor; Pienso que vamos a andar la bici este lunes.
Espejo que todo bien parati también 🙂
Julien
Coucou de Tarbes. Mais ça va trop vite, on a du mal à vous suivre !! Courage à vous et bon rétablissement à Siméon ! Ça me rappelle ma tendinite au genou en Chine. Tachou me tractait avec un tendeur sur le plat et en montée et je l’aidais en pédalant avec une seule jambe. On avait bricolé un système avec deux chambres à air pour aider la pédale sans pied à redescendre pour passer le point d’équilibre du pédalier… Pas très confort, car plus d’appui sur le selle du fait d’avoir une jambe en l’air, mais on avait quand même fait 1000 km comme ça ! Peut-être une idée à tester durant l’attente du stop… Bises
Mais quelle femme incroyable cette Tachou !!! Moi je n’aurais jamais tracté Julien sur 1000km 😅 on garde l’idée dans un coin de notre tête !
Elle ne m’a pas réellement tractée car je pédalais quand-même !! Mais oui je profitais complètement de l’aspiration !! Bises
Merci Tintan. Oui, on se souvient de cette histoire 🙂 On pense que ça devrait aller pour Siméon. IL a pris un gros gain mais tout semble rentrer en ordre, mais on garde cette idée dans un coin de notre tête 🙂
Olala les copains ! Bon courage à vous tous pour surmonter ce pépin… Bon rétablissement à Siméon. On pense bien à vous, prenez le temps de le réparer ce genoux.
Gros bisous
Quel périple !! Encore plus quand vous devez gérer des aléas de voyage qui ne sont pas nécessairement anticipés, ou en tous cas pas comme ceux-ci. Je vous souhaite beaucoup de courage et regardez devant pour tourner cette vilaine page !! Grosses bises !! Seb &Co
Ah bah on a le temps d’aller à la pêche !!!😉
Purée quel suspense ! Voilà un bon pitch de roman Marion ! J’espère que tout va rentrer dans l’ordre, sans kidnapping, vente d’enfants ou que sais je….
Treve de plaisanterie, quel apprentissage de la patience, du lâcher prise et de l’adaptation !
Donnez nousndes nouvelles. Marion prends bien soin du genou de Simeon.
Je vous embrasse fort
Nath
Tu n’ecrirais pas des polars par hasard ???!!!😉
Bonjour à toute la famille,
Bon courage pour la suite et surtout rapide guérison à Siméon
Bien amicalement,
Alain Devaurs
Houla les amis ! Cela commence à devenir une aventure à la INDIANA JONES ! Chapeau Marion et bon courage à Simon . .
Courage les amis!! Courage Siméon! On pense à vous!
Bon rétablissement à Siméon pour que vous puissiez continuer ce beau voyage .Bises .Laurence de la Sarthe
Bravo les amis…courage à Simeon qui a l’air d’avoir une bonne nature pour la guérison accélérée bien coaché par sa maman et à Louna….qui gère les aléas…
De gros bisous à chacuns
Merci Marie Anne, effectivement Siméon se remet très vite. Si tous mes patients récupéraient aussi vite, les kinés n’auraient plus de boulot !😂 Je crois qu’on va laisser tomber l’IRM ! Bises
Bonjour à vous quatre !
C’est un réel plaisir de suivre votre aventure en famille…
Je souhaite un prompt rétablissement à Siméon, super courageux le gamin !
Super aussi d’avoir d’avoir une Cyclote-musicienne avec vous, bravo Louna !
Bonne route, prudence et au plaisir de vous lire…
Jean-Marc Lefèvre (je pense que Julien se souvient de moi, il est venu, à ma demande, faire 2 conférences à Chauny dans le 02 en 2017, à l’occasion du bicentenaire de la naissance du Vélo ! (tu avais dormi à la maison !).
Bonjour Jean Marc
Merci pour ton message. Oui, je me souviens de Chauny même si ça fait un moment (bientôt dix ans !).
On aura peut-être le plaisir d’y revenir à notre retour ?!
A bientôt
Merci à toutes et à tous pour vos commentaires. Simén se remet bien. Il est parti tôt ce matin pour continuer la construction de sa cabane, donc ça a l’air d’aller ! On devrait reprendre le vélo lundi pour les deux dernières semaines sur la carretera. Arrivée prévue en Argentine (El Chalten) le 19 novembre
Încroyable quatuor la pluie la poussière les cotes le stop rien ne vous arrête super Simeon qui résiste à tout Louna qui nous enchanté avec son violôn souriante et papa et maman qui trouvent toujours 1 solutiôn et nous qui nous émerveillôns devant ces paysages merci infiniment