Tentons de répondre aux questions les plus fréquemment posées.
Vous n’avez pas peur ?
Cette question est posée aux voyageurs en partance ou en voyage. Avant le départ, la famille et les amis s’inquiètent souvent de nous voir partir dans des contrées lointaines et parfois un brin mystérieuses. Sur place, il n’est pas rare que des personnes rencontrés nous enjoignent de ne pas traverser la frontière car les voisins, c’est certains, sont des personnes dangereuses.
Certes, nous avons déjà pu traverser des contrées où la sécurité n’était pas maximum. La circulation est un des premiers dangers (Dubaï, Nouvelle-Zélande, Inde, Argentine, côte d’Azur). Selon les situations, il convient soit de s’imposer avec détermination, soit au contraire de se ranger expressément dans le fossé. La situation géopolitique est une autre problématique à appréhender. Nous avons pû expérimenter cela en Iran la nuit où nous étions hébergés dans une famille avant que des bassidjis viennent nous déloger armés de kalachnikovs. Nous surveillons également la situation en Equateur pour le voyage à venir. La troisième catégorie de « danger » est le quiproquo culturel. Chaque pays a ses codes et il est parfois difficile de les appréhender avec justesse. Julien a eu peur d’expérimenter le kanun en Albanie, alors que Marion a eu du mal à ne pas regarder les hommes iraniens dans les yeux. Mais c’est bien en Inde où la différence culturelle a été la plus compliquée et où on aurait pu avoir de gros soucis du fait de notre incapacité à nous adapter.
Enfin, il faut prendre en compte la possibilité de se faire voler ses affaires. Nombreux sont les cyclistes qui ont terminé leur voyage à pied. De notre côté, la seule fois où nous nous sommes faits voler, ce fut par un Français bien propre sur lui rencontré au Monténégro. Jean-Marc nous avait vendu une caméra à prix d’or alors qu’elle ne valait pas un sous. Mais si on en croit la devise de notre voisin, pour qui « arnaquer n’est pas voler », cette mésaventure serait à classer dans les petites mésaventures sans grande importance…
Combien ça coûte ?
L’argent, le nerf de la guerre ! Évidemment, partir pendant plusieurs mois nécessite une certaine maîtrise du budget. Lors de notre voyage entre la France et la Nouvelle-Zélande, nous avions dépensé environ 1000 euros par mois (caméra comprise), soit 20.000 euros.
Pour ce nouveau voyage, nous partons sur les mêmes bases. Certes, nous sommes quatre et allons dépenser plus pour nous nourrir. Mais cette fois-ci nous n’avons ni la Suisse ni l’Australie à traverser. D’autre part nous avons anticipé la partie logement en mettant à disposition notre maison sur Home Exchange. Nous partons avec un « stock de nuits » non négligeable qui nous permettront de nous reposer dans des logements chaleureux tout au long de la route. Enfin, nous avons des sources de revenus avec la location de notre maison et de notre gîte (gîte de bellevue à Nadaillat), ce qui nous permet d’être relativement tranquille pour cette nouvelle aventure. Si vous souhaitez nous aider, n’hésitez pas à nous contacter pour réserver votre séjour dans la chaîne des Puys en Auvergne 🙂
Et l’école dans tout ça ?
Ah, l’école, la grande inquiétude de nos concitoyens ! Louna et Siméon n’y étant encore jamais allé, ce voyage ne devrait pas trop les perturber de ce côté-là ! Nous avons depuis toujours fait l’Instruction en Famille (IEF), notamment pour avoir la latitude de voyager sans avoir de compte à rendre à personne. Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, faire l’école à la maison ne veut pas dire « ne rien faire ». Les apprentissages ont été adaptés à nos enfants en fonction de leurs envies, de leurs capacités et de notre patience. C’est ainsi , par exemple, que l’anglais a été un peu oublié aux dépends de l’espagnol (logique, non ?). Louna passant beaucoup de temps à faire du violon, elle adapte ses heures de cours en fonction de sont temps passé avec son archer. Quant à Siméon, les legos et les activités en extérieur l’occupent le plus clair de son temps. Il trouve tout de même du temps pour aire des mathématiques et du français, matière qu’il n’affectionne pas particulièrement.
Nous allons évidemment poursuivre ces apprentissages tout au long du voyage. Pour Louna, nous avons fait en sorte d’en avoir le moins possible à faire à vélo, en sachant qu’elle a pour objectif d’intégrer un lycée à notre retour. Elle poursuivra ses appretissages de violon comme nous prenons dans nos bagages son VTT (violon tout terrain) acheté pour l’occasion. Quant à Siméon, l’accent sera mis sur le français (lecture et écriture), à raison d’une petite heure par jour.
Bien sûr, quant on parle d’école à la maison, vient inexorablement une question
Et la sociabilisation ?
C’est très étonnant de voir à quel point il est compliqué de dissocier sociabilisation et école dans la tête des gens. Cette question revient systématiquement lorsque nous parlons de l’IEF. Pourtant, de notre point de vue, s’il y a un lieu qui n’est pas adapté à la sociabilité, c’est bien l’école. « L’école est une prison » écrivait… dans cet ouvrage, l’auteur nosu révèle une étude qui mettait en évidence que l’école est un lieu anxiogène pour la majorité des élèves. C’est aussi le seul lieu, avec les prisons, où on oblige des milliers d’enfants à se rendre, alors que la majorité n’aimeraient pas y aller.
Nous avons un
Vous avez des vélos électriques ?
Cette question est assez nouvelle, et assez étonnante. Nous avons fait beaucoup de voyages, plus ou moins grands, avec les enfants, et de nombreuses personnes ont été surprises, voire incrédules, de voir que nous n’avions pas de vélos électriques. Que les parents n’en aient pas, passe encore, mais les enfants, quand même !
Donc non, nous n’aurons pas de vélos électriques. Ce sont bien nos huit mollets qui nous permettront de nous hisser à plus de 4000 mètres d’altitude (4700 m même) tout au long de la Cordillère, d’affronter le vent en Patagonie et de parcourir les 10.000 à 15.000 km prévus (oui, la fourchette est large !). Il ne s’agit pas vraiment d’un choix, mais d’une évidence. Les vélos électriques ne sont absolument pas adaptés à un tel voyage, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous ne sommes pas pressés, donc purquoi vouloir aller vite alors que nous avons tout notre temps ? D’autre part nous traverserons des régions où nous n’aurons pas de prise électrique pendant de nombreuses journées. Que faire avec un vélo électrique si nous n’avons pas d’électricité ? Enfin, donner le goût de l’effort à nos enfants est essentiel et le voyage a vélo est parfaitement adapté pour ça. Nous avons pu expérimenter, dans des rencontres malheureuses, les méfaits du manque de stimulation par l’effort. Si beaucoup s’inquiètent de la sociabilité des enfants qui ne vont pas à l’école, ils devraient plus s’inquiéter de la non adaptabilité à notre société des personnes n’ayant pas été suffisamment confronté à des situations leur demandant un effort.